L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) constitue un levier financier essentiel pour les propriétaires souhaitant améliorer l’efficacité énergétique de leur logement. Ce dispositif, accessible sans conditions de ressources, permet de financer des travaux de rénovation énergétique à des conditions avantageuses. Quels sont précisément les travaux éligibles à ce prêt ? Quels critères faut-il remplir pour en bénéficier ? De l’isolation thermique aux installations de chauffage performantes, en passant par les équipements utilisant des énergies renouvelables, explorons en détail les possibilités offertes par l’éco-PTZ pour transformer votre habitat en un lieu plus économe et écologique.

Critères d’éligibilité pour l’éco-PTZ en 2023

Pour bénéficier de l’éco-PTZ en 2023, votre logement doit répondre à certaines conditions spécifiques. Tout d’abord, il doit s’agir de votre résidence principale ou de celle de votre locataire. Le bien immobilier doit également avoir été construit il y a plus de deux ans à la date de début des travaux. Cette restriction vise à cibler les logements anciens, souvent moins performants sur le plan énergétique.

En tant que propriétaire, qu’il s’agisse d’un particulier ou d’une copropriété, vous êtes éligible à l’éco-PTZ. Les locataires et les occupants à titre gratuit ne peuvent pas en bénéficier directement, mais peuvent inciter leur propriétaire à entreprendre des travaux financés par ce dispositif. Il est important de noter que l’éco-PTZ est accordé sans conditions de ressources, ce qui le rend accessible à un large public.

Les travaux doivent être réalisés par des professionnels certifiés RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). Cette exigence garantit la qualité des interventions et leur conformité aux normes en vigueur. Vous devez choisir parmi une liste de travaux éligibles, qui peuvent être réalisés de manière isolée ou en bouquet pour maximiser les économies d’énergie.

L’éco-PTZ s’inscrit dans une démarche globale de rénovation énergétique, visant à réduire significativement la consommation d’énergie des logements français et à lutter contre la précarité énergétique.

Le montant emprunté via l’éco-PTZ peut atteindre jusqu’à 30 000 € pour un bouquet de travaux, remboursable sur une durée maximale de 15 ans. Pour une rénovation globale, ce plafond est même porté à 50 000 €. Ces conditions avantageuses permettent d’envisager des travaux d’envergure sans peser lourdement sur le budget des ménages.

Travaux d’isolation thermique éligibles

L’isolation thermique représente un axe majeur des travaux éligibles à l’éco-PTZ. Une bonne isolation permet de réduire considérablement les déperditions de chaleur, améliorant ainsi le confort thermique du logement tout en diminuant la facture énergétique. Examinons en détail les différents types d’isolation pouvant bénéficier de ce financement avantageux.

Isolation des combles et toitures : techniques et matériaux

L’isolation des combles et de la toiture constitue souvent la première étape d’une rénovation énergétique efficace. En effet, jusqu’à 30% des déperditions thermiques d’une maison mal isolée se font par le toit. Pour être éligible à l’éco-PTZ, l’isolation doit concerner la totalité de la surface des combles ou de la toiture.

Plusieurs techniques sont envisageables, chacune adaptée à une configuration spécifique :

  • Isolation des combles perdus par soufflage ou épandage de matériaux isolants
  • Isolation des combles aménagés ou aménageables par pose de panneaux isolants entre les chevrons
  • Isolation de la toiture par l’extérieur (sarking) pour préserver le volume habitable

Les matériaux isolants utilisés doivent répondre à des critères de performance thermique stricts. La résistance thermique (R) minimale exigée varie selon la zone climatique, mais elle est généralement comprise entre 6 et 7 m².K/W pour les combles perdus, et entre 4 et 5 m².K/W pour les rampants de toiture.

Isolation des murs extérieurs : systèmes ITE et ITI

L’isolation des murs extérieurs représente un enjeu majeur, ces derniers pouvant être responsables de 20 à 25% des déperditions thermiques d’un logement. Deux principales techniques sont éligibles à l’éco-PTZ :

L’isolation thermique par l’extérieur (ITE) consiste à appliquer un matériau isolant sur la face externe des murs. Cette méthode présente l’avantage de ne pas réduire la surface habitable et de traiter efficacement les ponts thermiques. Elle nécessite cependant une intervention plus lourde et peut modifier l’aspect extérieur du bâtiment.

L’isolation thermique par l’intérieur (ITI), quant à elle, s’effectue en posant l’isolant sur la face interne des murs. Plus simple à mettre en œuvre, elle permet de traiter chaque pièce individuellement mais réduit légèrement la surface habitable. Cette technique est particulièrement adaptée aux logements en copropriété ou aux bâtiments dont la façade ne peut être modifiée.

Pour être éligible à l’éco-PTZ, l’isolation des murs doit concerner au moins 50% de la surface totale des murs donnant sur l’extérieur. La résistance thermique minimale requise est généralement de 3,7 m².K/W, quel que soit le procédé choisi.

Remplacement des fenêtres et portes-fenêtres

Le remplacement des fenêtres et portes-fenêtres peu performantes par des modèles à isolation renforcée contribue significativement à l’amélioration du confort thermique et acoustique d’un logement. Pour bénéficier de l’éco-PTZ, ces travaux doivent concerner au moins la moitié des fenêtres et portes-fenêtres donnant sur l’extérieur.

Les nouveaux équipements doivent respecter des critères de performance thermique stricts :

  • Un coefficient de transmission thermique (Uw) inférieur ou égal à 1,3 W/m².K pour les fenêtres et portes-fenêtres
  • Un facteur de transmission solaire (Sw) supérieur ou égal à 0,3 ou un facteur de transmission lumineuse (TLw) supérieur ou égal à 0,35

Il est possible de combiner le remplacement des fenêtres avec l’installation de volets isolants ou de portes d’entrée donnant sur l’extérieur, à condition que ces éléments respectent également des critères de performance spécifiques.

Isolation des planchers bas : spécificités techniques

L’isolation des planchers bas, souvent négligée, peut pourtant représenter jusqu’à 10% des déperditions thermiques d’un logement. Pour être éligible à l’éco-PTZ, cette isolation doit concerner l’ensemble de la surface du plancher bas situé sur un sous-sol non chauffé, un vide sanitaire ou un passage ouvert.

Les techniques d’isolation varient selon la configuration du plancher :

  • Isolation par le dessous pour les planchers sur vide sanitaire accessible
  • Isolation par le dessus pour les planchers sur terre-plein ou vide sanitaire non accessible
  • Isolation projetée pour les surfaces irrégulières

La résistance thermique minimale exigée pour l’isolation des planchers bas est généralement de 3 m².K/W. Il est crucial de choisir des matériaux adaptés, résistants à l’humidité et aux contraintes mécaniques spécifiques à ce type d’isolation.

Installations de chauffage et eau chaude sanitaire

L’amélioration des systèmes de chauffage et de production d’eau chaude sanitaire constitue un volet essentiel des travaux éligibles à l’éco-PTZ. Ces installations, souvent énergivores, offrent un potentiel considérable d’économies d’énergie lorsqu’elles sont remplacées par des équipements plus performants. Examinons les principales options disponibles.

Chaudières à haute performance énergétique

Les chaudières à haute performance énergétique représentent une évolution significative par rapport aux modèles traditionnels. Pour être éligibles à l’éco-PTZ, ces chaudières doivent respecter des critères stricts de rendement et d’émissions polluantes. On distingue principalement deux types :

Les chaudières à condensation, qui récupèrent la chaleur contenue dans les fumées de combustion, offrant ainsi un rendement supérieur à 100% sur le pouvoir calorifique inférieur (PCI). Ces chaudières sont particulièrement efficaces pour les systèmes de chauffage à basse température.

Les chaudières à micro-cogénération gaz, qui produisent simultanément de la chaleur et de l’électricité. Bien que moins répandues, elles présentent l’avantage de valoriser au maximum l’énergie du combustible utilisé.

L’installation d’une chaudière à haute performance énergétique doit s’accompagner de la mise en place d’un système de régulation performant pour optimiser son fonctionnement et maximiser les économies d’énergie.

Pompes à chaleur air/eau et géothermiques

Les pompes à chaleur (PAC) constituent une alternative écologique et économique aux systèmes de chauffage traditionnels. Elles puisent les calories présentes dans l’environnement (air, sol, eau) pour les transférer vers le logement. Deux types de PAC sont particulièrement mis en avant dans le cadre de l’éco-PTZ :

Les PAC air/eau captent l’énergie de l’air extérieur pour chauffer l’eau du circuit de chauffage. Elles sont relativement simples à installer et conviennent à la plupart des configurations. Pour être éligibles, elles doivent présenter un coefficient de performance (COP) supérieur ou égal à 3,5.

Les PAC géothermiques exploitent la chaleur du sol via des capteurs horizontaux ou verticaux. Plus coûteuses à l’installation, elles offrent cependant des performances supérieures et plus stables tout au long de l’année. Le COP minimal exigé pour l’éligibilité à l’éco-PTZ est de 4 pour ces systèmes.

L’installation d’une pompe à chaleur peut permettre de réduire jusqu’à 75% la consommation d’énergie pour le chauffage et la production d’eau chaude sanitaire d’un logement.

Chauffe-eau thermodynamiques et solaires

La production d’eau chaude sanitaire représente une part importante de la consommation énergétique d’un foyer. L’éco-PTZ encourage l’installation de systèmes performants et écologiques pour répondre à ce besoin :

Les chauffe-eau thermodynamiques fonctionnent sur le même principe qu’une pompe à chaleur, en puisant les calories de l’air ambiant ou extérieur pour chauffer l’eau. Pour être éligibles, ils doivent présenter un COP supérieur ou égal à 2,5 selon la norme EN 16147.

Les chauffe-eau solaires utilisent l’énergie solaire pour produire de l’eau chaude. Deux configurations sont possibles : les systèmes monoblocs, où le ballon de stockage est intégré au capteur solaire, et les systèmes à éléments séparés, plus adaptés aux climats froids. L’éligibilité à l’éco-PTZ est conditionnée par la certification CSTBat ou Solar Keymark des équipements.

Ces systèmes peuvent être couplés à un appoint électrique ou raccordés à une chaudière existante pour assurer une production d’eau chaude constante, même en cas d’ensoleillement insuffisant.

Systèmes hybrides et micro-cogénération gaz

Les systèmes hybrides et de micro-cogénération représentent des solutions innovantes, combinant différentes technologies pour optimiser la production de chaleur et, dans certains cas, d’électricité. Ces installations complexes sont éligibles à l’éco-PTZ sous certaines conditions :

Les systèmes hybrides associent généralement une pompe à chaleur à une chaudière à condensation. Cette combinaison permet d’optimiser le rendement en fonction des conditions climatiques et des besoins énergétiques. Pour être éligible, le système doit respecter des critères de performance spécifiques pour chacun de ses composants.

Les équipements de micro-cogénération gaz produisent simultanément de la chaleur et de l’électricité à partir d’un même combustible. Pour bénéficier de l’éco-PTZ, ces systèmes doivent avoir une puissance électrique inférieure ou égale à 3 kVA par logement.

Ces technologies avancées nécessitent une étude approfondie de la configuration du logement et des besoins énergétiques pour garantir leur pertinence et leur efficacité.

Équipements utilisant des énergies renouvelables

L’intégration d’équipements utilisant des énergies renouvelables dans un logement représente un pas significatif vers l’autonomie énergétique et la réduction de l’empreinte carbone. L’éco-PTZ encourage vivement l’adoption de ces technologies vertes en proposant des financements avantageux pour leur installation. Explorons les principales options disponibles.

Panneaux photovoltaïques et systèmes de stockage

L’installation de panneaux photovoltaïques permet de produire de l’électricité à partir de l’énergie solaire, contribuant ainsi à réduire la dépendance aux

réseaux électriques traditionnels. Pour être éligible à l’éco-PTZ, l’installation photovoltaïque doit respecter certains critères :

  • Une puissance crête installée d’au moins 3 kWc
  • Un rendement minimal de 16% pour les modules monocristallins et 14% pour les polycristallins
  • Une garantie de performance d’au moins 90% pendant 10 ans et 80% pendant 25 ans

L’ajout d’un système de stockage par batteries permet d’optimiser l’autoconsommation de l’électricité produite. Ces batteries doivent avoir une capacité minimale de 2 kWh et une durée de vie d’au moins 5000 cycles pour être éligibles au financement.

Éoliennes domestiques : modèles et puissances

Les éoliennes domestiques représentent une alternative intéressante pour la production d’électricité renouvelable, particulièrement dans les zones venteuses. L’éco-PTZ peut financer l’installation d’éoliennes répondant aux critères suivants :

  • Une puissance nominale comprise entre 100 W et 30 kW
  • Un coefficient de puissance supérieur à 0,25
  • Une certification selon la norme IEC 61400-2 ou équivalente

On distingue généralement deux types d’éoliennes domestiques :

Les éoliennes à axe horizontal, plus courantes et efficaces, qui nécessitent cependant un espace dégagé et une hauteur suffisante pour capter les vents.

Les éoliennes à axe vertical, moins sensibles à la direction du vent et plus adaptées aux environnements urbains, mais généralement moins puissantes.

Chaudières biomasse et poêles à granulés

Les systèmes de chauffage utilisant la biomasse comme combustible sont particulièrement encouragés dans le cadre de l’éco-PTZ. Ces équipements permettent de valoriser des ressources renouvelables locales tout en réduisant les émissions de CO2.

Pour être éligibles, les chaudières biomasse doivent respecter les critères suivants :

  • Une puissance inférieure à 300 kW
  • Un rendement énergétique supérieur à 87%
  • Des émissions de particules fines inférieures à 40 mg/Nm3

Les poêles à granulés, plus compacts et adaptés aux logements de taille moyenne, doivent quant à eux présenter :

  • Un rendement énergétique supérieur à 87%
  • Un taux de CO inférieur à 0,02%
  • Un indice de performance environnemental inférieur à 0,3

L’utilisation de la biomasse comme source d’énergie peut permettre de réduire jusqu’à 90% les émissions de gaz à effet de serre par rapport à un chauffage au fioul.

Travaux d’assainissement non collectif

L’éco-PTZ ne se limite pas aux seuls travaux d’amélioration énergétique. Il peut également financer la réhabilitation des systèmes d’assainissement non collectif ne consommant pas d’énergie. Ces installations, essentielles dans les zones non raccordées au tout-à-l’égout, doivent répondre à des normes environnementales strictes.

Pour être éligibles, les travaux d’assainissement doivent :

  • Ne concerner que des dispositifs ne consommant pas d’énergie
  • Respecter les prescriptions techniques définies en application du Code général des collectivités territoriales
  • Être réalisés par des entreprises qualifiées RGE dans le domaine de l’assainissement non collectif

Ces travaux peuvent inclure l’installation de fosses toutes eaux, de filtres à sable, de micro-stations d’épuration ou encore de systèmes de phytoépuration, selon la configuration du terrain et les contraintes locales.

Montants et plafonds de l’éco-PTZ par type de travaux

Le montant maximal de l’éco-PTZ varie selon la nature et l’ampleur des travaux entrepris. Il est important de bien comprendre ces plafonds pour optimiser le financement de votre projet de rénovation.

Bouquet de travaux : combinaisons optimales

Le concept de « bouquet de travaux » permet de bénéficier d’un montant d’éco-PTZ plus élevé en combinant plusieurs actions de rénovation énergétique. Les plafonds sont les suivants :

  • 15 000 € pour deux actions de travaux
  • 25 000 € pour trois actions ou plus

Pour maximiser l’impact énergétique et financier, il est recommandé de combiner des travaux d’isolation (toiture, murs, fenêtres) avec l’installation d’un système de chauffage performant. Par exemple :

  • Isolation des combles + remplacement des fenêtres
  • Isolation des murs extérieurs + installation d’une pompe à chaleur + ventilation performante

Rénovation globale : critères de performance énergétique

Pour les projets de rénovation ambitieux visant une amélioration significative de la performance énergétique globale du logement, l’éco-PTZ peut atteindre 50 000 €. Pour être éligible à ce montant maximal, le projet doit :

  • Permettre un gain énergétique d’au moins 35% par rapport à la consommation conventionnelle annuelle en énergie primaire avant travaux
  • Atteindre une consommation conventionnelle annuelle en énergie primaire après travaux inférieure à 331 kWh/m² par an si la consommation avant travaux était supérieure à cette valeur

Ces critères nécessitent généralement une combinaison de plusieurs actions : isolation performante de l’enveloppe du bâtiment, remplacement des systèmes de chauffage et de ventilation, et souvent intégration d’énergies renouvelables.

Travaux d’assainissement : spécificités de financement

Pour les travaux de réhabilitation des systèmes d’assainissement non collectif, l’éco-PTZ est plafonné à 10 000 €. Ce montant doit couvrir l’ensemble des travaux nécessaires, incluant :

  • L’étude de sol et la conception du système
  • La fourniture et l’installation des équipements
  • Les travaux de terrassement et de remise en état

Il est important de noter que ce plafond de 10 000 € pour l’assainissement peut se cumuler avec un éco-PTZ pour des travaux de rénovation énergétique, dans la limite du plafond global de 30 000 € par logement.

Bien que les travaux d’assainissement ne contribuent pas directement aux économies d’énergie, leur inclusion dans l’éco-PTZ souligne l’importance d’une approche globale de l’habitat durable, intégrant performance énergétique et respect de l’environnement.